SELON L'OMS, LE TABAC NUIT SURTOUT A LA
SANTE, ET NON PAS AUX PETITS PRODUCTEURS
Face à l'inquiétude exprimée par les
producteurs de tabac qui craignent que les politiques de lutte antitabac ne menacent la
source de revenus des cultivateurs, il convient de rappeler que les effets négatifs de la
lutte antitabac sur l'emploi ont été nettement exagérés. En fait, les
déclarations selon lesquelles la lutte antitabac entraînera une perte considérable
d'emplois sont généralement fondées sur des études financées par
l'industrie du tabac.
Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé « Curbing the
Epidemic. Governments and the Economics of Tobacco Control », une baisse de la
consommation de tabac ne se traduira pas nécessairement par une diminution du nombre
d'emplois. Ce rapport souligne que la production de tabac ne représente qu'une
petite partie de l'économie de la majorité des pays. Pour la plupart des pays, une
chute de la consommation mondiale n'entraînera pas une perte nette d'emplois.
Le rapport donne à penser qu'il pourrait même y avoir un gain net du fait que
l'argent consacré au tabac serait alors dépensé pour acheter d'autres biens
et services.
Même pour des pays fortement tributaires de la production de tabac,
comme le Malawi ou le Zimbabwe, la demande mondiale ne diminuera pas au point de toucher
la génération actuelle de cultivateurs. Etant donné que le nombre absolu de fumeurs
augmente, le marché restera suffisamment grand pour maintenir cette génération en
activité. La baisse éventuelle de la demande sera si progressive qu'elle permettra
aux pays les plus directement touchés d'amorcer un processus d'ajustement tout
aussi lent. Une réduction de l'offre est largement inefficace, et le rapport se
prononce contre le soutien des prix et les subsides, car ces mesures n'ont guère de
sens dans un contexte de politiques agricoles et commerciales rationnelles.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires
reconnaissent qu'il est important de satisfaire les besoins des cultivateurs les plus
pauvres. Des organismes internationaux ont déjà commencé à se pencher sur la question
du soutien de ces cultivateurs. La Banque mondiale, la FAO, l'OMS et d'autres
membres de la famille des Nations Unies, réunis au sein du deuxième groupe spécial des
Nations Unies sur la lutte antitabac au Siège de la FAO à Rome, ont annoncé qu'un
nouvel examen des conséquences à long terme pour les cultivateurs de stratégies
réussies de la demande avait été entrepris sous la direction de la FAO. Ce groupe
spécial achèvera ses travaux dans un délai d'un an. Il procédera à de larges
consultations transparentes au sujet des méthodes et des incidences avant de publier son
rapport final.
Selon le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de
l'OMS, le coût le plus élevé du tabac est son impact sur la santé. Actuellement,
quatre millions de personnes meurent chaque année à cause du tabac. Ce chiffre devrait
passer à 10 millions d'ici à 2030, la plupart des décès survenant dans
les pays en développement. Alors que les riches sont de plus en plus nombreux à renoncer
à fumer, c'est la santé des pauvres qui pâtit le plus du tabac. C'est la
santé, et non pas des arguments économiques, qui doit motiver la lutte antitabac. Les
arguments économiques sont généralement avancés par l'industrie du tabac pour
faire obstacle aux politiques de lutte antitabac.
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M. Gregory Hartl, porte-parole de l'OMS à Genève. Tél. : (+41 22)
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