Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/17
  21 mars 2000
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"LES VENTS DE L'ESPOIR" POUR LES ENFANTS VICTIMES DU NOMA

La fondation suisse "Les vents de l’espoir" fait son premier don à l’OMS pour venir en aide aux enfants d’Afrique que menace la maladie meurtrière appelée noma. Une contribution de US$100 000 sera affectée à des activités de prévention et de soins de santé primaires dans le cadre de la bataille menée contre le noma. L’OMS s’y est engagée en 1994 avec le lancement d’une campagne mondiale pour l’élimination de cette maladie défigurante et mortelle.

"Les vents de l’espoir" a été créée l’année dernière par Bertrand Piccard et Brian Jones après leur tour du monde en ballon. Chaque année le 21 mars, jour anniversaire de leur retour sur terre, un don sera fait pour la défense de causes négligées, et en particulier la lutte contre les problèmes qui affectent surtout les enfants.

Le noma - une maladie oubliée

Le noma est appelé "le visage de la pauvreté". En effet, cette maladie se rencontre dans des conditions d’extrême pauvreté, de malnutrition et de manque d’hygiène. Au 19ème siècle, elle n’était pas rare en Europe et en Amérique du Nord, d’où elle a disparu avec le développement social et économique. Aujourd’hui, elle vient s’ajouter aux fléaux qui accablent les communautés les plus pauvres du monde.

"Même les professionnels de la santé pensent que le noma a disparu et que ce fléau appartient au passé. Pourtant, aussi longtemps que des gens vivront dans la détresse et la misère, sans accès à de l’eau propre et à des installations d’assainissement, les visages défigurés des enfants malades du noma porteront le témoignage d’une injustice intolérable," dit Marie-Hélène Leclercq, responsable du programme d’action de l’OMS contre le noma.

Le noma, également désigné par le terme "cancrum oris", est une affection gangréneuse qui débute comme une lésion bénigne de la bouche, puis détruit rapidement une partie du visage. Ses victimes sont pratiquement toutes des enfants de moins de six ans. La conclusion qui s’impose à la suite d’une étude approfondie de la littérature scientifique est que le taux de létalité pourrait être extrêmement élevé. Ceux qui survivent sont défigurés à vie. La plupart ne seront plus jamais capables de se nourrir, de parler et de respirer normalement. Les victimes sont souvent rejetées par leur communauté car elles sont la preuve vivante d’une malédiction non seulement pour la famille mais aussi pour le village tout entier.

On manque de documents sur l’ampleur du phénomène. D’après différentes sources, il pourrait concerner chaque année des milliers d’enfants africains de moins de six ans. Les estimations épidémiologiques sont actuellement examinées dans le cadre d’un projet exécuté conjointement par l’OMS, les National Institutes of Health des Etats-Unis d’Amérique et l’université du Maryland à Baltimore. Les obstacles sont nombreux: la maladie sévit dans les endroits les plus reculés, souvent sans possibilités d’accès à des services de santé. Il n’y a pas d’enregistrement systématique des cas et la mortalité est extrêmement élevée, le décès survenant dans les deux ou trois semaines qui suivent les premiers signes cliniques; les victimes du noma sont cachées. Cette maladie est actuellement endémique en Afrique, notamment au sein de certaines populations du Sahel, qui est la région la plus pauvre du continent.

"Aujourd’hui, le noma peut être prévenu", affirme Marie-Hélène Leclercq. "Si la maladie est détectée à un stade précoce, il est possible d’instituer un traitement simple et peu coûteux capable d’arrêter l’évolution de la gangrène et d’éviter à ses victimes d’être défigurées," ajoute-t-elle. Il faut des antiseptiques locaux, des antibiotiques et une récupération nutritionnelle.

Un réseau international d’action

La stratégie de lutte de l’OMS officiellement adoptée en 1992 repose sur: la prévention et la détection précoces; des soins immédiats; l’information et l’éducation du public; la recherche épidémiologique et étiologique; enfin, la création de lieux de référence pour le traitement des séquelles.

Au cours des six dernières années, le plan d’action de l’OMS contre le noma a pris corps au sein d’un réseau international d’institutions, d’associations, d’universités, de médias et d’individus. Une somme d’expériences et de connaissances a été accumulée; des méthodes et des approches ont été validées pour exécuter des activités dans les pays, mieux sensibiliser les populations et catalyser les énergies aux niveaux national et international.

Si l’on parvient à informer les populations et à alerter les chefs de villages, à former les agents de soins de santé primaires et les guérisseurs traditionnels et à mobiliser les personnels des organisations non gouvernementales, des centaines d’enfants seront sauvés et des centaines d’adultes pourront mener une vie normale. Les activités qui seront financées par "Les vents de l’espoir" seront axées sur la mobilisation sociale, la formation de personnels et le dépistage et le traitement précoces. Le programme initial sera lancé au Niger. Il sera coordonné par le bureau du représentant de l’OMS et fera intervenir des partenaires travaillant dans des pays voisins comme le Burkina Faso et le Mali.

L’action contre le noma aide à combler les écarts

L’action contre le noma rompt les barrières qui existent par exemple entre les différentes disciplines médicales - chirurgiens plasticiens, dentistes, dermatologues, personnels infirmiers et guérisseurs traditionnels ont tous un rôle à jouer et, de plus en plus , travaillent ensemble. Cette action rassemble les institutions établies et les groupes sociaux. Elle crée un lien entre les soins curatifs et la santé publique, elle jette un pont entre les connaissances scientifiques et les croyances traditionnelles, entre le nord et le sud, entre les riches et les pauvres. Elle donne un contenu pratique à la mobilisation collective, à la compassion et à la solidarité.


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent prendre contact avec Mme Marie-Helène Leclercq, responsable du programme d'action de l'OMS contre le noma, Tel. : (+41 22) 791 3454; mel : leclercqm@who.int, ou Mme Susanna Gorga, relations extérieures/communication, Tel (+41 22) 791 2592; mel :  gorgas@who.int

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