Communiqué de presse 2000

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  5 avril 2000
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L’OMS ET L’ONUSIDA SALUENT LE CONSENSUS SUR L’UTILISATION DU COTRIMOXAZOLE DANS LA PREVENTION DES INFECTIONS ASSOCIEES AU VIH EN AFRIQUE

Genève - (Communiqué conjoint OMS/ONUSIDA) - Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont accueilli avec satisfaction le consensus auquel les experts sont parvenus pour recommander l’utilisation prophylactique en Afrique du cotrimoxazole, un médicament qui permet d’éviter certaines des infections opportunistes qui frappent fréquemment les personnes infectées par le VIH.

« La décision a été difficile, car la recherche n’est pas encore concluante, » a déclaré Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Mais s’il existe une réelle possibilité d’améliorer la qualité de vie de millions d’Africains infectés par le VIH en utilisant le cotrimoxazole, nous avons l’obligation de la prendre très au sérieux. »

Un usage prophylactique, ou préventif, très large du cotrimoxazole en Afrique a été retardé par un certain manque de cohérence dans les résultats des recherches. L’an dernier, deux études en Côte d’Ivoire - la première réalisée par des chercheurs français et la deuxième par des scientifiques américains - ont montré que le médicament diminue la fréquence des maladies opportunistes chez les personnes infectées par le VIH. L’une des études a relevé une baisse du nombre des décès associés au SIDA. Les résultats préliminaires de deux études récentes parrainées par l’ONUSIDA en Afrique du Sud et au Malawi confirment que l’utilisation du cotrimoxazole ne comporte pas de risque pour les personnes infectées par le VIH et l’étude du Malawi montre un impact positif important sur la réduction de la mortalité.

La question de savoir si ce médicament, largement utilisé en Occident, doit être utilisé en Afrique, a également suscité des divergences de vues. En Occident, le cotrimoxazole est systématiquement prescrit pour prévenir la pneumonie à Pneumocystis carinii, ou PCP, une pneumonie parasitaire très répandue dans les pays industrialisés parmi les personnes infectées par le VIH. La PCP n’étant pas aussi courante en Afrique, l’utilisation du cotrimoxazole était jugée discutable. Les experts sont pourtant parvenus à argumenter que la PCP n’est pas la seule infection parasitaire contre laquelle le cotrimoxazole est efficace et ils ont donc recommandé son utilisation.

Certaines pneumonies bactériennes et maladies diarrhéiques ainsi que certaines septicémies figurent parmi les infections fréquemment associées au VIH en Afrique subsaharienne et qui peuvent être évitées grâce au cotrimoxazole. Ce médicament peut aussi protéger de la toxoplasmose, une maladie parasitaire cérébrale et de l’isosporose, une infection parasitaire intestinale.

« Etant donné la gravité de l’épidémie du VIH en Afrique, cette décision, fondée sur les données limitées dont nous disposons, est la meilleure possible, » a déclaré le Dr Ebrahim Samba, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. « Nous allons procéder pas à pas, tout en évaluant l’efficacité réelle et l’impact de cette intervention au niveau des pays. »

La réunion internationale, qui s’est déroulée à Harare la semaine dernière, était une consultation conjointe ONUSIDA/OMS, à laquelle ont participé des chercheurs, des militants du SIDA, des cliniciens et des responsables des programmes nationaux de lutte contre le SIDA en Afrique. Ils ont recommandé que le cotrimoxazole soit utilisé à des fins prophylactiques chez les adultes et les enfants vivant avec le VIH ou le SIDA en Afrique, dans le cadre d’un paquet minimum de soins. Les critères d’utilisation du médicament ont été fixés, y compris la sélection des malades, les schémas thérapeutiques, la durée du traitement, le suivi, l’approvisionnement en médicaments, l’éducation et la formation, la surveillance continue de la résistance et des effets indésirables, l’évaluation de l’efficacité clinique et la poursuite des recherches. Des directives sur la mise en œuvre des programmes prophylactiques seront publiées sous peu.

Le cotrimoxazole coûte entre 8 et 17 dollars des Etats-Unis par personne et par an à des fins prophylactiques. Il est largement répandu sur l’ensemble du continent et une analyse préliminaire a montré que l’utilisation de la prophylaxie au cotrimoxazole constitue une intervention présentant un bon rapport coût-efficacité en Afrique, en particulier s’il est associé à un meilleur accès aux services de test VIH et de conseil volontaires.

Le risque de susciter une résistance microbienne au médicament s’il est largement utilisé comme prophylactique est l’autre problème rencontré par les experts au moment de décider de recommander son emploi en Afrique. Lorsque les patients dans les pays à hauts revenus ont des infections qui se révèlent résistantes à un médicament, il existe souvent des solutions de remplacement. Ce n’est pas le cas en Afrique, où le cotrimoxazole est l’un des rares médicaments abordables et largement disponibles recommandés pour lutter contre des maladies infectieuses courantes comme les pneumonies chez l’enfant et les diarrhées bactériennes.

La question de la résistance demeure importante pour l’emploi du médicament en Afrique. Les spécialistes sont conscients du fait que l’usage du cotrimoxazole en Afrique n’est qu’une solution à moyen terme. Les travaux à venir devront donc comporter la recherche d’autres agents antimicrobiens.

« Il est essentiel de mettre en balance, d'un côté, le rôle du cotrimoxazole dans la prévention des infections opportunistes et, de l'autre, l'éventuel risque de développement de résistance des microbes au cotrimoxazole, » a déclaré le Dr Piot. « Mais sur un continent où les antirétroviraux sont encore hors de portée de la plupart des gens, il est urgent de contribuer à prévenir les infections opportunistes chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA. »

En Afrique subsaharienne, 23,3 millions de personnes vivent avec le VIH ou le SIDA et 13,7 millions sont déjà décédées à cause de l’épidémie. En 1999 seulement, 3,8 millions de nouvelles infections se sont produites dans la région.


Pour davantage de renseignements, contacter Gregory Hartl Porte-parole de l’OMS, au (+41 22) 791 4458; portable (+41 79) 203 6715 ; mél hartlg@who.int

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