| Communiqué de presse
OMS/25 7 avril 2000 |
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SÉCURITÉ TRANFUSIONNELLE… POUR UNE MINORITÉ Seulement 20% du sang non contaminé disponible pour 80% de la population mondiale « Malgré toutes les merveilles technologiques à la disposition de l’humanité, l’approvisionnement fiable en sang non contaminé n’est pas assuré pour des millions et des millions de personnes dans le monde, a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé de cette année, consacrée à la sécurité transfusionnelle. Il y a deux raisons principales à cette situation : d’une part de nombreux gouvernements ne s’impliquent pas et ne donnent pas leur appui dans ce domaine, ce qui a pour conséquence des pénuries chroniques de donneurs de sang non contaminé dans les pays en développement et, d’autre part, les produits sanguins ne sont pas soumis à des contrôles de qualité et à des dépistages. »A l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, l’OMS a publié un ensemble de faits et de chiffres sur la situation de l’approvisionnement en sang. Le thème de la journée de cette année — La sécurité du sang commence par moi — fait ressortir le grand déséquilibre qui existe aujourd’hui dans le monde à ce niveau. Les spécialistes pensent que, dans de nombreux pays, les autorités nationales de la santé publique continuent de reléguer au second plan l’approvisionnement en sang et les services de transfusion. La Journée mondiale de la Santé, le 7 avril, commémore le jour de la fondation de l’OMS en 1948. La transfusion de sang ou de produits sanguins est à l’origine de 5 à 10% des infections à VIH dans le monde. Les estimations OMS/ONUSIDA indiquent 5,6 millions de nouvelles infections à VIH par an. « Les tests pour dépister les anticorps anti-VIH sont arrivés dans le commerce il y a 15 ans, mais de nombreux pays ne peuvent toujours pas garantir un contrôle à 100% du sang donné," déclare le Dr Jean Emmanuel, Directeur à l’OMS de Sécurité transfusionnelle et technologie clinique." De nombreux pays n’ont pas encore organisé de services de transfusion et continuent de faire appel aux donneurs familiaux ou rémunérés alors que, dans les pays développés, 98% du sang provient de donneurs volontaires non rémunérés qui ne présentent pas de risque. Tous les pays devraient avoir des services de transfusion bien organisés assurant un approvisionnement sûr et fiable en sang non contaminé pour tous ceux qui en ont besoin. » L’utilisation du sang dans des cas où elle n’est médicalement pas justifiée est un autre point important. Il n’y a pas en général de directives claire à ce sujet. Comme le sang dans les pays en développement provient pour la plus grande part de parents ou de donneurs rémunérés, même si le médecin en charge décide que la transfusion est inutile pour son patient, des pressions sociales et financières irrésistibles s’exercent alors pour l’utiliser quand même. Outre le VIH, les principales maladies transmises par le sang contaminé sont entre autres les hépatites B et C, la syphilis, le paludisme, la maladie de Chagas. On estime que, chaque année, les injections et les transfusions risquées provoquent 8 à 16 millions d’hépatite B, 2,3 à 4,7 millions d’hépatite C et de 80 000 à 160 000 infections à VIH. Les pays développés comme ceux en développement sont confrontés à une pénurie de sang. Dans les pays en développement, ce sont surtout les femmes et les enfants, notamment les pauvres, qui sont le plus affectés par cette situation. Environ 500 000 femmes meurent chaque année dans le monde des suites de leur grossesse. Dans 25% des cas, ces décès sont liés à la perte de sang. Beaucoup de ces vies auraient pu être sauvées si du sang non contaminé avait été disponible en quantité suffisante. Les enfants atteints d’anémie grave représentent un autre groupe important nécessitant des transfusions de sang non contaminé, comme l’a montré l’étude conjointe OMS/CDC au Kenya. Sur les 191 Etats Membres de l’OMS, moins de 70 mettent en œuvre les recommandations de l’OMS à propos des programmes nationaux de transfusion. « On trouve dans ces recommandations trois points principaux, "explique le Dr Yasuhiro Suzuki, Directeur exécutif à l’OMS de Technologie de la santé et produits pharmaceutiques. "Chaque pays doit élaborer une politique nationale pour la transfusion et établir le cadre juridique pour l’étayer. A la tête, on doit trouver soit une organisme spécifique responsable, soit un programme de coordination de la transfusion sanguine. » Encore moins d’Etats Membres pratiquent suffisamment le dépistage des maladies transmissibles par transfusion ou conservent le sang dans des conditions de sécurité satisfaisantes avant son utilisation. Presque tous les pays où la sécurité transfusionnelle n’est pas assurée sont des pays en développement. Chaque année, on donne dans le monde environ 75 millions d’unités de sang (1 unité équivaut en général à 450 millilitres). Pour plus de 13 millions d’entre elles, soit près de 20% de l’ensemble du sang donné, le dépistage de toutes les infections transmissibles n’a pas été pratiqué. Il arrive aussi que ce dépistage, dont le coût varie entre US$4= et US$50 par unite, ne soit pas fiable, notamment lorsqu’il est réalisé par du personnel qui n’a pas une formation suffisante ou quand il y a des pénuries de matériels ou un approvisionnement aléatoire en coffrets d’analyse. L’approvisionnement en sang peut présenter des risques pour les raisons suivantes :
En 1975, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution priant instamment les Etats Membres de l’OMS de « favoriser la mise en place de services nationaux de transfusion sanguine fondés sur le don de sang volontaire et gratuit », mais force est de constater aujourd’hui que la situation mondiale n’a guère évolué en 25 ans. C’est pourquoi l’OMS appelle ses Etats Membres et la communauté internationale à s’occuper de toute urgence de cette inégalité criante. « Nous devons aider les pays, notamment ceux qui en ont le plus besoin, à créer des infrastructures et à former du personnel," explique le Dr Emmanuel. "Notre objectif consiste à créer un environnement mondial dans lequel tout le sang proviendrait de donneurs réguliers ne présentant pas de risque et aurait subi les tests de dépistage des maladies transmissibles. Le sang doit être disponible quand il est nécessaire, à des coûts abordables et utilisé de manière appropriée."
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