Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/28
  25 avril 2000
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LES COÛTS ÉCONOMIQUES RÉELS DU PALUDISME SANS COMMUNE MESURE AVEC LES ESTIMATIONS TRADITIONNELLES
Il ressort de nouvelles recherches effectuées par l’Université de Harvard, la London School of Hygiene and Tropical Medicine et l’OMS que le PIB africain dépasserait de $100 milliards le niveau actuel si l’on avait éliminé le paludisme il y a 35 ans

Abuja (Nigéria)  – La lutte contre le paludisme en Afrique augmenterait sensiblement la productivité économique du continent et le revenu des familles africaines, selon les conclusions d’un nouveau rapport diffusé aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Université de Harvard et la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM).

« Les éléments dont nous disposons montrent que le paludisme entrave le développement économique global en Afrique », déclare le Dr Jeffrey Sachs, Directeur du Centre pour le Développement international à l’Université de Harvard. « Depuis 1990, le PIB par habitant dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne a diminué et le paludisme est un important facteur de ce bilan économique médiocre. »

Selon les estimations statistiques contenues dans le rapport, le PIB de l’Afrique subsaharienne dépasserait aujourd’hui de jusqu’à 32% - c’est-à-dire de jusqu’à $ 100 milliards - le niveau actuel de $ 300 milliards si l’on avait éliminé le paludisme il y a 35 ans. Ces $100 milliards supplémentaires représenteraient à titre de comparaison près de cinq fois le total de l’aide au développement fournie l’an dernier à l’Afrique subsaharienne.

Selon le rapport, le paludisme ralentit la croissance économique en Afrique de jusqu’à 1,3 % par an. Ce ralentissement de la croissance économique du fait du paludisme s’ajoute aux coûts à court terme plus directement observables. Le PIB de l’Afrique subsaharienne étant de l’ordre de $300 milliards, on peut raisonnablement estimer que les avantages à court terme de la lutte antipaludique se situent entre $3 milliards et $12 milliards par an.

« Le paludisme affecte aujourd’hui le niveau de vie des Africains et empêche une amélioration du niveau de vie des générations futures », a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS. « Il s’agit là d’un handicap inutile et évitable pour le développement économique africain. »

Le rapport constate également :

  • Que les pays épargnés par le paludisme ont un PIB par habitant en moyenne trois fois plus élevé que les pays impaludés - même lorsqu’on tient compte de la situation géographique, de la politique du gouvernement et d’autres facteurs qui ont une incidence sur le bien-être économique.
  • On gagne une année de vie en bonne santé chaque fois que l’on consacre $1 à $8 à un traitement efficace des cas de paludisme, ce qui fait du traitement du paludisme une activité aussi rentable du point de vue de la santé publique que la vaccination antirougeoleuse. Cette analyse du Dr Ann Mills, de la LSHTM, montre que les instruments de lutte antipaludique et les stratégies d’intervention constituent une utilisation judicieuse des fonds disponibles.

« Le paludisme est particulièrement coûteux pour l’Afrique », a déclaré le Dr David Nabarro, Directeur exécutif de l’OMS. « Il entrave la santé et le développement des enfants et sape l’économie des pays africains. »

Le rapport recommande de consacrer $1 milliard par an à la prévention et à la lutte, la plus grande partie de l’effort devant porter sur l’Afrique. Seule une fraction de ce montant est actuellement consacrée à la lutte antipaludique. Selon le rapport, cet effort est économiquement justifié car les avantages à court terme de la lutte antipaludique se situent entre $3 milliards et $12 milliards par an, d’après les estimations.

« Pour ce qui est des nouvelles ressources économiques substantielles à consacrer à la lutte contre le paludisme, les avantages l’emporteront de loin sur les coûts », a ajouté le Dr Sachs.

Les conclusions du rapport seront présentées aujourd’hui à Abuja, au premier sommet jamais consacré au paludisme et qui est coparrainé par l’OMS. Les chefs d’Etat de 20 pays africains et les chefs de secrétariat de la Banque africaine de Développement, de la Banque mondiale, du PNUD, de l’UNICEF, de l’UNESCO et de l’OMS devraient assister au sommet où il seront les hôtes du Président nigérian, Olusegun Obasanjo.

Le paludisme provoque près d’un million de morts chaque année en Afrique, dont environ 700 000 sont des enfants. Les travaux de recherche ont démontré qu’en améliorant l’accès aux moustiquaires imprégnées d’insecticide et leur utilisation, on pourrait réduire de moitié la morbidité par paludisme chez l’enfant. Or, aujourd’hui, 2 % seulement des enfants africains dorment sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide.

« Le projet Faire reculer le paludisme vise à donner aux familles africaines les moyens d’installer chez elles un espace sans moustique grâce à l’utilisation d’écrans, de moustiquaires et de rideaux imprégnés d’insecticide », a précisé le Dr Awash Teklehaimanot, responsable par intérim du projet Faire reculer le paludisme. « Notre objectif est de faire en sorte que chaque personne exposée au risque de paludisme en Afrique soit protégée par une moustiquaire imprégnée d’insecticide dans un délai de cinq ans. »

Outre ces efforts pour améliorer l’accès aux moustiquaires, le projet Faire reculer le paludisme cherche aussi à améliorer l’accès à un diagnostic précoce et à une intervention rapide au moyen des traitements appropriés, si possible à domicile, à éviter le paludisme chez la femme enceinte et à dépister les épidémies afin de pouvoir y répondre rapidement.

Comme l’a affirmé le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, « réduire la charge de paludisme de moitié est un objectif réaliste qu’il est possible d’atteindre. Nous en avons les moyens. Nous avons la justification économique. Il nous faut maintenant l’engagement des dirigeants du secteur public et du secteur privé pour y parvenir. »


Pour obtenir davantage de renseignements aux Etats-Unis, contacter Jim Palmer au 1-202-262-9823. Au Royaume Uni, contacter Janice Muir au 44- 171-407-3313, à l’OMS, Genève, contacter Gregory Hartl, Porte-parole à l’Organisation mondiale de la Santé au 41-22-791-4458, portable +41 79 203 6715 ; mél: hartlg@who.int ; à Abuja, M Andy Seale, +234 9 523 0225, à Lagos, Chuddy Odueni, +234 1 497 0128 ; à Johannesburg, Kim Hudson, +27 11 480 8555. 

Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS, ainsi que d’autres informations sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la page d’accueil de l’OMS : http://www.who.int

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