| Communiqué de presse
OMS/53 8 août 2000 |
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UN NOUVEAU RAPPORT CATEGORIQUE : LA VICTOIRE SUR LA CIGARETTE PASSE PAR UNE HAUSSE DES TAXES D’après le nouveau rapport conjoint paru ce jour de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Banque mondiale, l’augmentation des taxes constitue un moyen de choix pour faire reculer la consommation de cigarettes, notamment chez les pauvres, les jeunes et les moins instruits. On s’est en effet aperçu qu’une mesure fiscale de ce genre permet très efficacement de réduire la consommation de tabac, surtout dans les pays en développement. Ce même rapport montre qu’une augmentation des taxes sur les cigarettes ne conduit pas à une réduction nette du nombre d’emplois. En outre, il remet en cause l’idée communément admise selon laquelle les avantages de cette formule seraient annulés par l’augmentation de la contrebande des produits du tabac: en réalité, s’il y a contrebande, c’est que la législation n’est pas appliquée comme elle le devrait. Selon les chercheurs des deux organisations, une majoration de l’impôt indirect se traduisant par une hausse de 10% du prix des cigarettes inciterait quelque 42 millions de personnes à cesser de fumer. Grâce à cette mesure, une dizaine de millions de décès imputables au tabac (dont neuf millions dans les pays à revenu intermédiaire ou faible) pourrait être évitée. En prime de ce double recul, les recettes publiques sur les ventes de tabac progresseraient en moyenne de 7 % en cas de hausse de 10 % des taxes sur les cigarettes. Ces informations, et bien d’autres tout aussi éloquentes, figurent dans une publication intitulée Tobacco Control in Developing Countries ; elle est le fruit d’une recherche de trois ans menée par une équipe de 40 économistes, épidémiologistes, spécialistes en sciences sociales, experts en politiques gouvernementales et juristes de 13 pays. Cette étude, a estimé le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, "montre qu’une pression économique de ce genre—à savoir l’augmentation des impôts indirects—est le meilleur instrument dont disposent les pouvoirs publics pour infléchir la courbe de consommation du tabac. Par conséquent, les gouvernements soucieux d’enrayer la progression de la mortalité due au tabac, doivent résolument et rapidement adopter cette mesure." Pour le Dr Brundtland, "le contrôle du tabac est une préoccupation majeure à l’OMS. Le prix payé pour la consommation du tabac est trop élevé puisqu’il conduit des millions de personnes vers la maladie et la souffrance. Une action simple comme l’augmentation des taxes sur le tabac peut engendrer des bienfaits immenses en termes de santé." M. James D. Wolfensohn, Président de la Banque mondiale, a fait savoir que désormais les aspects économiques de la lutte contre le tabagisme bénéficiaient partout d’une attention soutenue. "La lutte contre le tabagisme figure parmi nos toutes premières préoccupations puisqu’il s’agit d’un problème majeur de santé public sur le plan mondial. Nous nous employons maintenant avec les gouvernements de nombreux pays à donner suite aux constats et aux recommandations qui figurent dans Curbing the Epidemic, rapport publié par la Banque mondiale en 1999. Maintenant, avec Tobacco Control in Developing Countries, on dispose en abondance de données fiables et d’une analyse approfondie de la composante économique de la lutte antitabac," a-t-il ajouté. On trouvera résumées ci-dessous les principales conclusions de Tobacco Control in Developing Countries. Contrebande de cigarettes Près d’un tiers (30 %) de toutes les cigarettes (355 milliards d’unités) exportées annuellement sont vendues en contrebande. En part relative, c’est bien davantage que pour la plupart des biens de consommation faisant l’objet d’un commerce international. Les auteurs du rapport relèvent qu’un renchérissement des cigarettes serait effectivement susceptible de stimuler la contrebande. Néanmoins, on a des raisons de tenir pour improbable la contrebande là où l’on dispose vraiment des moyens voulus pour faire respecter la loi. La contrebande ne découle pas directement de la cherté des produits du tabac. Ponctuellement, dans les pays où les pouvoirs publics ont tenté de faire reculer la contrebande en allégeant les taxes, on a souvent constaté, outre la diminution des recettes fiscales, une progression de la consommation. Pour le professeur Frank Chaloupka, de l’Université d’Illinois à Chicago et co-rédacteur du rapport, "il serait plus judicieux de maintenir des taxes élevées tout en combattant énergiquement la contrebande contre laquelle on dispose de moyens efficaces: par exemple, les timbres-taxe, les numéros de série, l’inscription dans la langue en usage sur place, de mises en garde contre les dangers de la cigarette pour la santé et des systèmes de repérage améliorés." Retombées sur l’emploi Les données récentes dont il est fait état dans l’ouvrage démontrent qu’un recul marqué des ventes de tabac, contrairement à ce que certains craignaient, n’entraînerait pas la suppression de millions d’emplois dans le monde. En réalité, comme le fait remarquer le Dr Prabhat Jha, Spécialiste scientifique principal à l’OMS et co-rédacteur du rapport, les effets en seraient minimes et progressifs. Le Dr Jha a précisé "qu’en cas de chute de la consommation du tabac, il n’y aurait pas, dans la majorité des pays, de diminution nette du nombre d’emplois. Au contraire, l’argent ainsi économisé servirait à la consommation d’autres biens et services. Cette hausse va se traduire par la stimulation du marché et la création de nouveaux emplois. En revanche, quelques pays exportateurs de tabac—en Afrique sub-saharienne, notamment—enregistreraient à long terme un fléchissement de l’emploi et devraient à ce titre être aidés durant la période d’ajustement." reconnaît-il. Mesures supplémentaires En plus de l’augmentation des taxes et de la lutte contre la contrebande, d’autres mesures seraient susceptibles d’infléchir la demande en produits de tabac: interdiction totale de la publicité et de la promotion pour la cigarette (l’effet des interdictions partielles s’étant avéré médiocre ou nul); information des consommateurs sur les incidences du tabagisme sur la santé; et interdiction de fumer dans les lieux publics et sur les lieux de travail. Si ces mesures sont appliquées, il est fort probable que 23 millions de fumeurs encore en vie en 1995 pourraient cesser de fumer et 5 millions de décès dus au tabac dans le monde entier, dont quatre dans des pays à revenu faible ou moyen, seraient évités. De plus, en améliorant l’accès aux techniques de substitution de la nicotine et aux diverses autres méthodes permettant d’arrêter de fumer, on aiderait six millions de personnes à se détacher du tabac et l’on sauverait ainsi un million de vies. Coûts Le coût des soins de santé est plus lourd pour les fumeurs—dont la longévité est pourtant moindre—que pour les non-fumeurs. Dans les pays à revenu élevé, le traitement des maladies dues au tabac compte pour 6 à 15 % de la dépense de santé totale. Aussi bien dans les pays à revenu élevé que dans certains pays à faible revenu, la part de PNB consacrée à soigner les fumeurs peut atteindre 1 %. Le rapport affirme qu’on peut appliquer pour un coût modique un train de mesures antitabac. Dans les pays à revenu élevé, les programmes étendus de lutte contre le tabagisme oscillent entre 0,1 et 1 % seulement de la dépense publique de santé. Dans les pays à faible revenu, la lutte contre le tabac ne représenterait qu’une part infime du coût total des services de santé de base. Réduction de l’approvisionnement Dans une large mesure, les efforts de réduction de l’approvisionnement en cigarettes ont été vains. Recourir à l’interdiction pure et simple et à l’embargo est une entreprise chimérique à l’instar des tentatives d’interdire la vente de cigarettes aux mineurs. Ceci a été un échec même dans les pays où l’on disposait pourtant de moyens efficaces pour faire respecter la loi. Financièrement plus avantageuse, la culture du tabac n’a pas réussi à être supplantée par d’autres cultures de substitution. Décès dus au tabac A moins que les habitudes de consommation de tabac ne changent, on prévoit pour le XXIème siècle un milliard de décès dus au tabagisme, soit dix fois plus qu’au siècle précédent. Pour le Dr Derek Yach, Directeur exécutif de l’OMS chargé des maladies non transmissibles et responsable de l’initiative 'Pour un monde sans tabac', " une baisse même minime du tabagisme se traduirait par des bénéfices significatifs en termes de santé." Pour de plus amples renseignements, s’adresser au Bureau du Porte-parole de l'OMS, Téléphone: (+41 22) 791 2599. M. Gregory Hartl, Porte-parole de l’OMS, peut être contacté au : Téléphone mobile : (+41 79) 203 6715; Téléphone: (+41 22) 791 4458 ; Télécopie: (+41 22) 791 4858 ; Courriel: hartlg@who.int Pour les questions techniques en rapport avec la lutte contre la tabagisme dans les pays en développement, contacter le Dr Prabhat Jha ou le professeur Frank J. Chaloupka, par l’intermédiaire de M. Gregory Hartl ou de M. Christopher J. Lackner, du MWW Group, à Chicago; Téléphone: (+1 312) 853 3131 ; Télécopie: (+1 312) 853 0955 ; Courriel : clackner@mww.com * Jha, Prabhat et Chaloupka, Frank J., réd. Tobacco control in developing countries. Oxford, Oxford University Press, 2000. Prix: 49,50 USD, broché ; ISBN 0192632469. Pour commander cet ouvrage en dehors des Etats-Unis d’Amérique, appeler le +44 (0)1536 454534 ou envoyer un courriel à book.orders@oup.co.uk Pour le commander depuis les Etats-Unis d’Amérique, appeler le 1-800-451-7556. |
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