Aujourd'hui, la Commission européenne,
l'Organisation mondiale de la santé et le programme commun des Nations unies sur le
VIH/sida font part de leur position commune vis-à-vis de l'épidémie de VIH/sida, de
paludisme et de tuberculose dans le monde en développement. La Commission organise une
table ronde de haut niveau à Bruxelles, coparrainée par l'OMS et ONUSIDA; il s'agit là
d'une première étape dans l'élaboration d'un nouveau programme d'action permettant à
l'Union européenne d'aider les pays en développement à faire face à la recrudescence
de ces trois maladies et à rompre le cycle de la maladie et de la pauvreté.
Lors de leur récente réunion à Okinawa, les dirigeants du G8 se sont
engagés à intensifier la lutte de la communauté internationale contre le VIH/sida, le
paludisme et la tuberculose. Pour réussir, il faudra de nouveaux partenariats, des
ressources supplémentaires et de nouvelles approches pour lutter contre la maladie et
réduire la pauvreté. La Commission, l'Organisation mondiale de la santé et le programme
commun des Nations unies sur le VIH/sida sont déterminés à jouer un rôle majeur dans
cette entreprise.
"En Europe, nous oublions trop facilement que la bonne santé et
le bien-être ne sont pas la norme pour la majorité de la population dans ce monde. Les
pays en développement, où vivent la plupart des populations pauvres, sont accablés du
double fardeau de la pauvreté et d'une explosion de trois maladies transmissibles :
le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose. Nous étions persuadés d'avoir pratiquement
éradiqué l'une d'entre elles - le paludisme - dans certaines régions du monde en
développement. Le VIH/sida n'est apparu que plus récemment comme une maladie
particulièrement meurtrière. Associée au sida, la tuberculose tue actuellement plus de
monde qu'elle ne l'a jamais fait auparavant. Je veux que l'UE joue un plus grand rôle
dans l'aide accordée aux pays en développement pour leur permettre de faire face à ces
épidémies", a déclaré le président de la Commission, M. Romano Prodi.
"Le contexte dans lequel nous travaillons est en pleine mutation.
Nous nous réunissons à Bruxelles alors que la communauté internationale se mobilise
comme jamais auparavant pour réduire la pauvreté; alors que la santé prend la place qui
lui revient sur le devant de la scène du développement. Nous avons toujours su que les
pauvres subissaient de manière disproportionnée les ravages des maladies transmissibles.
Nous savons aujourd'hui que le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose sont eux-mêmes
des causes majeures de pauvreté. Le succès, ou l'échec, de notre réponse collective à
ces menaces est la clé de la sécurité économique - non seulement des individus et
des communautés - mais aussi des nations et des continents." a déclaré le Dr
Gro Harlem Brundtland, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé.
"Du fait de l'épidémie de VIH/sida nous nous heurtons à des
défis sans précédent. Cette épidémie risque d'annihiler des décennies de
développement durement acquis, non seulement dans le domaine de la santé, mais aussi
dans celui de l'éducation, du progrès économique et des droits de l'homme. C'est à une
véritable crise de développement que nous sommes tous confrontés. J'applaudis donc à
l'initiative de la Commission qui place le VIH, ainsi que le paludisme et la tuberculose,
au cur de la stratégie de lutte contre la pauvreté. ONUSIDA et les autres parrains
de l'action sont prêts à collaborer avec la Commission de toutes les manières pour que
cette nouvelle initiative soit couronnée de succès." a ajouté le docteur Peter
Piot, directeur exécutif du programme commun des Nations unies pour le VIH/sida.
La semaine dernière, la Commission a adopté une nouvelle politique
relative à l'accélération de la lutte contre les trois maladies transmissibles dans le
cadre de la réduction de la pauvreté. Ce dispositif comporte un ensemble cohérent
d'approches que la Commission adoptera en vue d'améliorer l'impact des interventions
actuelles, de réduire le prix des médicaments et des produits permettant de prévenir et
de soigner ces maladies et d'augmenter les investissements dans la recherche pour trouver
de nouvelles solutions, comme des vaccins contre le paludisme et le VIH/sida.
Ce cadre servira de base aux discussions lors de la table ronde
internationale. Des représentants de haut niveau de plus de 25 pays en
développement, des dirigeants de l'industrie, des organismes de recherche et des ONG se
concerteront avec le président Prodi, le commissaire Poul Nielson, cinq autres
commissaires et des représentants de l'OMS et d'ONUSIDA en vue d'élaborer un programme
d'action destiné à réduire l'incidence sur la santé et sur l'économie de ces trois
maladies et aider des millions de familles vivant dans les pays en développement à
rompre le cycle de la pauvreté et de la maladie.
M. Poul Nielson, commissaire chargé de la coopération au
développement et de l'aide humanitaire, assurera l'organisation de la table ronde.
"Tout en continuant à soutenir les systèmes de santé nationaux, la Commission
cherchera à rendre plus accessibles aux pauvres les moyens de se prémunir contre
l'infection par le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, à rendre plus abordables les
prestations de diagnostic et les soins aux malades et à concentrer les investissements
dans la recherche prioritaire davantage sur la recherche de solutions à long terme telles
qu'un vaccin contre le sida. L'information et la prévention auprès des jeunes sont
également des priorités" a déclaré le commissaire Nielson.
La table ronde sera ouverte par le président de la Commission, M.
Romano Prodi, l'Honorable Dr. Pascoal Mocumbi, premier ministre du Mozambique, le Dr. Gro
Harlem Brundtland, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, le Dr.
Peter Piot, directeur exécutif du programme commun des Nations unies sur le VIH/sida. Les
commissaires Poul Nielson (développement et aide humanitaire), Philippe Busquin
(recherche), David Byrne (santé et protection des consommateurs) et Pascal Lamy
(commerce) débattront des orientations des actions proposées par la Commission. Des
représentants des gouvernements du Brésil, de l'Inde, du Sénégal, du Swaziland, de
l'Ouganda et de la Zambie prendront également la parole. La présidence française de
l'UE sera représentée par M. Charles Josselin, ministre délégué chargé de la
coopération et de la francophonie, qui clôturera la réunion.
La Commission espère que cette table ronde constituera une étape
déterminante dans l'élaboration d'un vaste programme d'action à long terme auquel la
Commission pourra apporter son soutien dans la lutte contre la pauvreté et le VIH/sida,
le paludisme et la tuberculose. Le président de la Commission entend annoncer le
programme, et les ressources dont il sera doté, en décembre lors de la prochaine
consultation de suivi de la réunion du G87 à Okinawa.