Communiqué de presse 2000

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/67
  12 octobre 2000
white_10x1p.jpg (1617 bytes)

BAISSE DE LA MORTALITE JUVENILE DANS LE MONDE: LA CIBLE EST ATTEINTE MAIS DE NOMBREUX PAYS ONT PRIS DU RETARD, INDIQUE UNE NOUVELLE ETUDE DE L'OMS

La mortalité juvénile a baissé de façon spectaculaire dans le monde au cours de ces cinquante dernières années, tombant même à un niveau inférieur à la cible fixée il y a dix ans par les dirigeants mondiaux. Un ralentissement a néanmoins été observé ces dernières années et, dans certains pays, la tendance à la baisse s'est stabilisée ou commence même à s'inverser, indique une nouvelle étude publiée dans le dernier numéro du Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé. Un grand nombre de pays, comme le montre l'étude, ont encore un long chemin à parcourir pour atteindre la cible fixée.

"Le ralentissement est particulièrement inquiétant dans le cas de l'Afrique et de l'Asie du Sud-Est car les taux de mortalité y sont relativement élevés et les pays concernés ont de graves problèmes économiques," notent les chercheurs. "Vu l'avancée continue de l'épidémie de VIH/SIDA en Afrique et dans certaines parties de l'Asie, une nouvelle baisse de la mortalité juvénile sera d'autant moins probable qu'aucun progrès sensible n'est réalisé contre la propagation du VIH."

L'étude relate la baisse spectaculaire de près de 60 pour cent de la mortalité juvénile pendant la deuxième moitié du XXème siècle. Elle montre que quelque 10,5 millions d'enfants de moins de cinq ans sont morts l'année dernière, soit 2,2 millions de moins qu'en 1990. Sur ces 10,5 millions de décès, 3,8 millions sont survenus en Afrique, 2,5 millions en Inde et 750 000 en Chine.

La baisse de la mortalité juvénile signifie que le décès des nouveau-nés avant leur cinquième anniversaire est moins probable. La probabilité du décès d'un nouveau-né avant l'âge de cinq ans avoisine aujourd'hui 7% dans le monde, par rapport à 10% en 1990, 12% en 1980 et 25% en 1950.

Le recul de la mortalité juvénile ramène également le taux estimatif moyen de mortalité dans le monde à 67 pour 1000 naissances vivantes. Lors du Sommet mondial pour les enfants à New York en 1990, les dirigeants de plus de 150 pays ont fixé à 70 décès pour 1000 naissances vivantes la cible que devaient avoir atteint en l'an 2000 tous les pays du monde. Le taux mondial avoisinait alors 85 pour 1000 naissances vivantes, ce qui représentait déjà une baisse sensible par rapport aux 180 décès pour 1000 naissances vivantes de 1950.

Au moins 57 pays n'ont pas atteint la cible de 70 pour 1000, fait observer l'article du Bulletin. Certains pays ont des taux de mortalité estimés à plus de 200 pour 1000 naissances vivantes. Parmi ces pays figurent notamment les suivants, par ordre décroissant: Niger (335), Sierra Leone (312), Afghanistan (264), Malawi (219), Guinée et Liberia (205), Guinée-Bissau (202) et Somalie (201). Sept de ces huit pays appartiennent à la Région OMS de l'Afrique, où le taux moyen est d'environ 150, contre 88 pour l'Asie du Sud-Est, 67 pour la Méditerranée orientale, 46 pour le Pacifique occidental, 34 pour les Amériques et 18 pour l'Europe.

Qui plus est, la baisse de la mortalité juvénile ralentit. Dans sept pays, tous situés en Afrique, les taux de mortalité juvénile n'ont guère, ou pas, changé au cours de ces 50 dernières années. Ce sont le Burundi, le Lesotho, Madagascar, la Mauritanie, le Nigeria, la Sierra Leone et la Tanzanie.

Sept autres pays ont même enregistré une hausse de la mortalité juvénile: cinq en Afrique - Botswana, Namibie, Niger, Zambie et Zimbabwe; un en Asie du Sud-Est - République populaire démocratique de Corée; et un dans le Pacifique occidental - Papouasie-Nouvelle-Guinée.

C'est dans la Région OMS de l'Afrique en général que la baisse de la mortalité juvénile a été la moins soutenue - 42% par rapport à 60-72% pour les cinq autres régions. En Afrique, de plus, environ 15% des nouveau-nés mourront probablement avant l'âge de cinq ans, par rapport à moins de 2% en Europe.

Les raisons de ce fort ralentissement ne sont pas claires mais, dans certains pays, les problèmes économiques, les troubles civils et les interventions mal choisies pour tenter de réduire les décès d'enfants figurent parmi les facteurs sous-jacents. Les auteurs de l'étude avertissent que tous les effets de l'épidémie de VIH/SIDA sur les taux de mortalité juvénile ne se sont pas encore fait sentir. Ils estiment que la maladie pourrait ralentir de façon spectaculaire, voire annuler, les gains enregistrés concernant la survie des enfants dans certains pays d'Afrique et d'Asie.

"Il est important de reconnaître," ajoutent-ils, " que des retournements sont possibles dans le domaine de la santé publique et qu'ils peuvent inverser une baisse amorcée de longue date de la mortalité. L'augmentation spectaculaire de la mortalité des adultes en Russie et dans plusieurs autres pays d'Europe orientale à la fin des années 80 et au début des années 90, et l'émergence du VIH/SIDA comme l'une des causes principales de mortalité chez les adultes (la cause principale en Afrique) en sont deux exemples."

Les auteurs de l'étude sont Omar Ahmad, Alan Lopez et Mie Inoue, de l'Unité Charge de morbidité, Programme mondial OMS Bases factuelles à l'appui des politiques de santé.

Il faut non pas un mais plusieurs remèdes miracles pour stimuler la survie des enfants

A la recherche des facteurs pouvant expliquer la baisse des taux de mortalité juvénile observée depuis 50 ans dans la plupart des pays, Rutstein (pp. 1256-1270) a étudié les données issues de 89 enquêtes sanitaires portant sur 56 pays en développement. Les facteurs les plus étroitement associés au recul de la mortalité juvénile étaient les suivants: amélioration de l'état nutritionnel et des conditions environnementales (approvisionnement en eau, assainissement et logement). Suivaient la disponibilité accrue de soins médicaux pendant la grossesse, à la naissance et pour les enfants atteints de diarrhée, puis l'installation de l'électricité et l'instruction des mères.

Moins d'enfants présentant un retard de croissance, mais pas partout

Le retard de croissance est une conséquence directe d'une alimentation insuffisante et il est associé à une mortalité juvénile accrue. Dans une nouvelle étude, de Onis et al. (pages 1222-1233) observent que la prévalence du retard de croissance dans les pays en développement est tombée de 47% en 1980 à 33% aujourd'hui et, si ces tendances se maintiennent, elle avoisinera 29% en 2005. Cela signifie que quelque 182 millions d'enfants dans les pays en développement présentent aujourd'hui un retard de croissance, soit 40 millions de moins qu'il y a deux décennies. Sur ces 182 millions, 70% vivent en Asie, 26% en Afrique et 4% en Amérique latine et dans les Caraïbes. Une tendance à la baisse, quoique moins marquée en Afrique, est observée dans toutes les régions, de 41% à seulement 35%. En Afrique orientale, le retard de croissance est en hausse depuis 1980 et il affecte aujourd'hui 48% des enfants d'âge préscolaire, soit 22 millions, contre 12,9 millions il y a 20 ans.

Thérapie par réhydratation orale, traitement salvateur

La baisse de la mortalité juvénile de ces dernières décennies n'est pas due seulement à l'amélioration de la nutrition. Une autre raison, selon les données présentées par Victora et al. (pages 1246-1255), pourrait être l'utilisation toujours plus étendue de la thérapie par réhydratation orale (TRO) contre les maladies diarrhéiques. Au cours de ces dix dernières années, le nombre estimatif des décès d'enfants de moins de cinq ans dus à la diarrhée est tombé brusquement, de 3,3 à 1,5 million, épargnant 1,8 millions de jeunes vies, tandis que le nombre des décès, toutes causes confondues, reculait de 2,2 millions dans ce groupe d'âge. Au cours de la même période, la proportion des épisodes de diarrhée traités au moyen de la thérapie par réhydratation orale est passée de 40 à 69%.


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Thomson Prentice, à l'OMS, Genève. tél. (41 22) 791 4224 ; mél : prenticet@who.int Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int

 

 

Communiqués 2000  |  Note à la presse 2000
 Communiqués 1999    |   Note à la presse 1999   
 Communiqués 1998  |  Aide-mémoire
Bureau de l'Information   | In English

Droits d'auteurs © WHO/OMS | Contact INF | Contact OMS


Organisation mondiale de la Santé