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BAISSE DE LA MORTALITE JUVENILE DANS LE MONDE: LA
CIBLE EST ATTEINTE MAIS DE NOMBREUX PAYS ONT PRIS DU RETARD, INDIQUE
UNE NOUVELLE ETUDE DE L'OMS
La mortalité juvénile a baissé
de façon spectaculaire dans le monde au cours de ces cinquante
dernières années, tombant même à un niveau inférieur à la cible
fixée il y a dix ans par les dirigeants mondiaux. Un ralentissement a
néanmoins été observé ces dernières années et, dans certains
pays, la tendance à la baisse s'est stabilisée ou commence même à
s'inverser, indique une nouvelle étude publiée dans le dernier
numéro du Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé.
Un grand nombre de pays, comme le montre l'étude, ont encore un long
chemin à parcourir pour atteindre la cible fixée.
"Le ralentissement est particulièrement
inquiétant dans le cas de l'Afrique et de l'Asie du Sud-Est car les
taux de mortalité y sont relativement élevés et les pays concernés
ont de graves problèmes économiques," notent les chercheurs.
"Vu l'avancée continue de l'épidémie de VIH/SIDA en Afrique et
dans certaines parties de l'Asie, une nouvelle baisse de la mortalité
juvénile sera d'autant moins probable qu'aucun progrès sensible
n'est réalisé contre la propagation du VIH."
L'étude relate la baisse spectaculaire de près de
60 pour cent de la mortalité juvénile pendant la deuxième moitié
du XXème siècle. Elle montre que quelque 10,5 millions
d'enfants de moins de cinq ans sont morts l'année dernière, soit 2,2
millions de moins qu'en 1990. Sur ces 10,5 millions de décès, 3,8
millions sont survenus en Afrique, 2,5 millions en Inde et 750 000 en
Chine.
La baisse de la mortalité juvénile signifie que
le décès des nouveau-nés avant leur cinquième anniversaire est
moins probable. La probabilité du décès d'un nouveau-né avant
l'âge de cinq ans avoisine aujourd'hui 7% dans le monde, par rapport
à 10% en 1990, 12% en 1980 et 25% en 1950.
Le recul de la mortalité juvénile ramène
également le taux estimatif moyen de mortalité dans le monde à 67
pour 1000 naissances vivantes. Lors du Sommet mondial pour les enfants
à New York en 1990, les dirigeants de plus de 150 pays ont fixé à
70 décès pour 1000 naissances vivantes la cible que devaient avoir
atteint en l'an 2000 tous les pays du monde. Le taux mondial
avoisinait alors 85 pour 1000 naissances vivantes, ce qui
représentait déjà une baisse sensible par rapport aux 180 décès
pour 1000 naissances vivantes de 1950.
Au moins 57 pays n'ont pas atteint la cible de 70
pour 1000, fait observer l'article du Bulletin. Certains pays
ont des taux de mortalité estimés à plus de 200 pour 1000
naissances vivantes. Parmi ces pays figurent notamment les suivants,
par ordre décroissant: Niger (335), Sierra Leone (312), Afghanistan
(264), Malawi (219), Guinée et Liberia (205), Guinée-Bissau (202) et
Somalie (201). Sept de ces huit pays appartiennent à la Région OMS
de l'Afrique, où le taux moyen est d'environ 150, contre 88 pour
l'Asie du Sud-Est, 67 pour la Méditerranée orientale, 46 pour le
Pacifique occidental, 34 pour les Amériques et 18 pour l'Europe.
Qui plus est, la baisse de la mortalité juvénile
ralentit. Dans sept pays, tous situés en Afrique, les taux de
mortalité juvénile n'ont guère, ou pas, changé au cours de ces 50
dernières années. Ce sont le Burundi, le Lesotho, Madagascar, la
Mauritanie, le Nigeria, la Sierra Leone et la Tanzanie.
Sept autres pays ont même enregistré une hausse
de la mortalité juvénile: cinq en Afrique - Botswana, Namibie,
Niger, Zambie et Zimbabwe; un en Asie du Sud-Est - République
populaire démocratique de Corée; et un dans le Pacifique occidental
- Papouasie-Nouvelle-Guinée.
C'est dans la Région OMS de l'Afrique en général
que la baisse de la mortalité juvénile a été la moins soutenue -
42% par rapport à 60-72% pour les cinq autres régions. En Afrique,
de plus, environ 15% des nouveau-nés mourront probablement avant
l'âge de cinq ans, par rapport à moins de 2% en Europe.
Les raisons de ce fort ralentissement ne sont pas
claires mais, dans certains pays, les problèmes économiques, les
troubles civils et les interventions mal choisies pour tenter de
réduire les décès d'enfants figurent parmi les facteurs
sous-jacents. Les auteurs de l'étude avertissent que tous les effets
de l'épidémie de VIH/SIDA sur les taux de mortalité juvénile ne se
sont pas encore fait sentir. Ils estiment que la maladie pourrait
ralentir de façon spectaculaire, voire annuler, les gains
enregistrés concernant la survie des enfants dans certains pays
d'Afrique et d'Asie.
"Il est important de reconnaître,"
ajoutent-ils, " que des retournements sont possibles dans le
domaine de la santé publique et qu'ils peuvent inverser une baisse
amorcée de longue date de la mortalité. L'augmentation spectaculaire
de la mortalité des adultes en Russie et dans plusieurs autres pays
d'Europe orientale à la fin des années 80 et au début des années
90, et l'émergence du VIH/SIDA comme l'une des causes principales de
mortalité chez les adultes (la cause principale en Afrique) en sont
deux exemples."
Les auteurs de l'étude sont Omar Ahmad, Alan Lopez
et Mie Inoue, de l'Unité Charge de morbidité, Programme mondial OMS
Bases factuelles à l'appui des politiques de santé.
Il faut non pas un mais plusieurs remèdes
miracles pour stimuler la survie des enfants
A la recherche des facteurs pouvant expliquer la
baisse des taux de mortalité juvénile observée depuis 50 ans dans
la plupart des pays, Rutstein (pp. 1256-1270) a étudié les données
issues de 89 enquêtes sanitaires portant sur 56 pays en
développement. Les facteurs les plus étroitement associés au recul
de la mortalité juvénile étaient les suivants: amélioration de
l'état nutritionnel et des conditions environnementales (approvisionnement
en eau, assainissement et logement). Suivaient la disponibilité
accrue de soins médicaux pendant la grossesse, à la naissance et
pour les enfants atteints de diarrhée, puis l'installation de
l'électricité et l'instruction des mères.
Moins d'enfants présentant un retard de croissance,
mais pas partout
Le retard de croissance est une conséquence
directe d'une alimentation insuffisante et il est associé à une
mortalité juvénile accrue. Dans une nouvelle étude, de Onis et al.
(pages 1222-1233) observent que la prévalence du retard de croissance
dans les pays en développement est tombée de 47% en 1980 à 33%
aujourd'hui et, si ces tendances se maintiennent, elle avoisinera 29%
en 2005. Cela signifie que quelque 182 millions d'enfants dans les
pays en développement présentent aujourd'hui un retard de croissance,
soit 40 millions de moins qu'il y a deux décennies. Sur ces 182
millions, 70% vivent en Asie, 26% en Afrique et 4% en Amérique latine
et dans les Caraïbes. Une tendance à la baisse, quoique moins
marquée en Afrique, est observée dans toutes les régions, de 41% à
seulement 35%. En Afrique orientale, le retard de croissance est en
hausse depuis 1980 et il affecte aujourd'hui 48% des enfants d'âge
préscolaire, soit 22 millions, contre 12,9 millions il y a 20 ans.
Thérapie par réhydratation orale, traitement
salvateur
La baisse de la mortalité juvénile de ces
dernières décennies n'est pas due seulement à l'amélioration de la
nutrition. Une autre raison, selon les données présentées par
Victora et al. (pages 1246-1255), pourrait être l'utilisation
toujours plus étendue de la thérapie par réhydratation orale (TRO)
contre les maladies diarrhéiques. Au cours de ces dix dernières
années, le nombre estimatif des décès d'enfants de moins de cinq
ans dus à la diarrhée est tombé brusquement, de 3,3 à 1,5 million,
épargnant 1,8 millions de jeunes vies, tandis que le nombre des
décès, toutes causes confondues, reculait de 2,2 millions dans ce
groupe d'âge. Au cours de la même période, la proportion des
épisodes de diarrhée traités au moyen de la thérapie par
réhydratation orale est passée de 40 à 69%.
Pour plus d'informations, les journalistes peuvent
prendre contact avec Thomson Prentice, à l'OMS, Genève. tél. (41
22) 791 4224 ; mél : prenticet@who.int
Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres
informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la
page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int
Communiqués
2000 | Note
à la presse 2000
Communiqués
1999 | Note
à la presse 1999
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