Communiqué de presse 2000

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white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué de presse OMS/02
 17 janvier 2001
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EN FACILITANT LE TRAITEMENT ANTITUBERCULEUX, LA DIMINUTION DU NOMBRE DE COMPRIMÉS AIDE À COMBATTRE L’ÉPIDÉMIE

Alors que les patients souffrant de tuberculose devaient prendre jusqu’à 16 comprimés par jour, un nouveau traitement leur donne désormais la possibilité d’en absorber beaucoup moins. Dans l’article paraissant dans le numéro de janvier du Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé, les spécialistes écrivent que ce nouveau traitement, qui ramène à trois ou quatre le nombre des comprimés à avaler chaque jour, sera également utile dans la lutte contre les formes pharmacorésistantes de cette maladie mortelle, notamment dans les pays les plus touchés.

Proposé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au milieu des années 90, mais pas encore adopté par tous les pays, le coût de ce nouveau traitement a récemment diminué, ce qui l’a rendu plus accessible, même aux malades dans les pays les plus démunis.

Ce traitement remplace les médicaments simples, contenant un seul principe actif, par des associations fixes renfermant jusqu’à quatre principes actifs. Concrètement, cela signifie pour le malade que le nombre de comprimés à avaler pendant toute la durée du traitement diminue de plusieurs centaines.

Les auteurs de l’article du Bulletin font partie d’une équipe internationale de spécialistes de la tuberculose : le Dr Bjørn Blomberg, de l’Université de Bergen en Norvège, le Dr Sergio Spinaci, de l’OMS à Genève, le Dr Bernard Fourie, du Medical Research Council de Pretoria en Afrique du Sud et le Dr Richard Laing, de l’Université de Boston aux Etats-Unis.

« Il est important que, dans tous les pays, les pouvoirs publics intègrent dans leur politique les médicaments en association fixe, notamment dans les 22 pays connaissant une forte morbidité imputable à la tuberculose, a déclaré le Dr Spinaci aujourd’hui. Jusqu’à tout récemment, un traitement avec les associations fixes revenait plus cher que le traitement avec les mêmes principes actifs, mais dans des comprimés séparés. Cependant, au cours de l’année dernière, cette différence s’est estompée et, avec leur utilisation croissante, le coût des associations fixes ne représente plus un obstacle à la généralisation de leur emploi. Cette nouvelle est particulièrement bienvenue pour les pays les plus démunis subissant la charge de morbidité la plus lourde. »

Selon les estimations actuelles, on compte chaque année dans le monde 8 millions de nouveaux cas de tuberculose et 2 millions de décès survenant, pour 80 % d’entre eux, dans les 22 pays les plus fortement touchés, pour la plupart en Asie et en Afrique.

Le principe fondamental du traitement antituberculeux consiste à associer plusieurs médicaments différents et à les administrer sous surveillance. Classiquement, pour obtenir la guérison complète, les patients doivent prendre jusqu’à 16 comprimés par jour pendant au moins deux mois, puis jusqu’à 9 par jour pendant quatre à six mois supplémentaires. De nombreux malades abandonnent en cours de route, ce qui les prive de la possibilité de guérir et favorise le développement et la propagation des pharmacorésistances.

Les auteurs expliquent que ces associations fixes sont recommandées par l’OMS et l’Union Internationale contre la Tuberculose et les Maladies Respiratoires et qu’elles sont désormais utilisées dans 40 pays environ. Ils exhortent les programmes de traitement de la tuberculose dans les autres pays à les employer.

Les auteurs écrivent dans l’article du Bulletin que les associations fixes simplifient la prescription et l’approvisionnement et qu’elles pourraient aussi limiter le risque de voir apparaître des tuberculoses pharmacorésistantes.

« Le grand nombre de comprimés est l’un des problèmes rencontrés avec le protocole classique. Le fait de devoir en avaler moins simplifie le traitement et diminue le risque de voir le patient réduire ses doses ou omettre de prendre certains des médicaments. »

« Compte tenu des coûts et des difficultés énormes du traitement des tuberculoses pharmacorésistantes, la première des priorités consiste à éviter tout d’abord leur apparition. »

« La mesure la plus importante est de veiller à ce que tous les patients tuberculeux suivent un traitement adéquat. La résistance acquise survient le plus souvent à la suite d’une prise irrégulière des médicaments, c’est-à-dire des interruptions fréquentes et suffisamment longues pour permettre de nouveau la multiplication des bactéries avec l’apparition de mutants résistants. »

« On a montré que les pharmacorésistances avaient pour principale origine les interruptions multiples du traitement. »

Les auteurs soulignent que, si les associations fixes simplifient la prescription et la prise des médicaments, la surveillance directe du traitement n’en reste pas moins indispensable.

Le Dr Spinaci ajoute : « Le travail d’avant-garde réalisé dans le domaine des associations fixes est un banc d’essai et un exemple pour le développement de nouvelles associations destinées au traitement d’autres maladies infectieuses, comme le paludisme ou le VIH/SIDA. »


Pour plus d’informations, prendre contact avec M. John Maurice, OMS, Genève, Tél. : (+41 22) 791 3722 ; courrier électronique : mauricej@who.int Site web: www.who.ch/int-bulletin

 

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